La cohabitation entre piétons et cyclistes est plus une histoire d’espace pour circuler que de marquages au sol.
Lorsqu’on arrive d’Austerlitz sur l’Avenue de France, on voit ceci :
Une bande cyclable sur la route, mais aussi quelque chose d’un peu curieux sur le trottoir, démarrant de façon abrupte.
Le panneau semble indiquer que c’est une piste cyclable (mais en fait, il pourrait très bien se référer à la bande cyclable). Si c’en est une, pour y accéder au début, il faut passer par le trajet piéton (cf la première photo). Mais quelques mètres, plus loin :
La piste prend toute la place disponible : les piétons doivent l’emprunter. Comme elle est très large, la cohabitation entre cyclistes et piétons se passe sans problème. La ligne qui sépare la voie en deux facilite les croisements, mais pourquoi n’est-elle pas au milieu ?
Plus loin encore, grosse surprise :
Ainsi donc, il fallait comprendre que la ligne séparait une piste cyclable bidirectionnelle du trottoir proprement dit. Ce marquage n’est en fait répété qu’à une poignée d’endroits.
Encore plus loin, enfin, on trouve un panneau plus adapté à la théorie.
Sur place, la séparation ne me parait pas du tout respectée comme elle était conçue, la ligne sert plutôt à séparer les deux directions de déplacement. Comme l’espace disponible est assez large, tout cela se passe très bien.
Mais quand on continue, l’espace devient alors plus réduit, comme lorsqu’on arrive aux niveaux des magasins. On peut voir alors quelques tâtonnements de marquages.
Enfin, plus loin encore, l’Avenue de France est en travaux, et la piste est interrompue. On trouve alors de nombreux marquages vélos temporaires – qui sont de plus en plus fréquents à Paris en cas de travaux, soit-dit en passant.
On trouve même un sas vélo temporaire (mais pas sûr qu’il soit plus respecté que les autres)
Et donc, comme la piste est interrompue, une bande cyclable temporaire a été créée. Pour la rejoindre, on fait d’abord passer les cyclistes sur l’autre côté de la piste sur trottoir. Ce qui nous vaut cette inversion de marquages assez amusante.
Là encore, comme il y a de la place en amont pour la cohabitation entre piétons et cyclistes, tout cela se passe a priori sans problèmes.
Mais ensuite, ce n’est pas seulement la piste qui est interrompue, c’est tout le trottoir. Si bien que :
La bande cyclable sert de trottoir, et les cyclistes doivent alors utiliser la voie générale.
A cet endroit, les piétons sont en fait confrontés au même souci que les cyclistes à Austerlitz : le trajet théorique suppose de traverser deux fois la route. Et je pense qu’on peut dire que le symptôme de la ligne droite est encore plus marqué pour les piétons si on compare ces deux cas.
Bref, sur cette avenue, qu’il y ait de la place ou qu’il n’y en ait pas, on peut dire sans exagérer que le marquage vélo ne sert pas dans sa fonction première : il ne sépare pas vraiment cyclistes et piétons quand il y a de la place, il sert de trottoir bis pour les piétons quand il n’y a pas de place, et pour ce qui est des sas cyclables, voir mon billet sur le sujet.
Galerie des photos de l’article :
11 juin 2015 at 21 h 17 min
Merci de cet inventaire. J’ai pratiqué ce parcours 3 fois le mois dernier, sans comprendre complètement ce qui m’arrivait (croiser des cyclistes en face sur ma voie etc).
Ça pourrait quand même être au programme de l’aménageur d’inaugurer lui-même son marquage avec un vélo.